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Sont jetés au bûcher, pèle mêle,Marx,Engels, Lénine, Staline, Plékhanov, Trotsky, Mao Tsé Toung, Maxime Gorki, Nazim Hikmet, Aragon ,la biographie d’un champion d’athlétisme tchèque, Zatopek, une histoire de la guerre d’indépendance grecque de 1821, un recueil de fables chinoises pour enfants.

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On ne peut pas dire que « l’Occident », et les défenseurs de ses valeurs aient condamnés avec la plus grande vigueur le coup d’état et ce régime fascisant.

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Les chancelleries désapprouvent, mais la tolérance l’emporte chez les tenants de l’Ordre contre le danger d’une subversion communiste imaginaire qui aurait menacé la Grèce.

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Exemple, « Le Figaro » qui épanche une certaine sympathie pour cette révolution lancée au nom de « la civilisation hélléno-chrétienne », chère aux colonels.

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L’obscurantisme triomphe insolemment. La création est bâillonnée, la pensée est étouffée. Les colonels voudraient enchaîner toute opposition.

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Ceux qui refusent de se soumettre sont emprisonnés , soumis au centre de torture ouverte au siège de la police politique de la rue Bouboulinas, derrière le musée national .

La junte renoue avec la terreur de la guerre civile (Lire l’HD du…), cette blessure jamais refermée depuis 1949, où la revanche contre la résistance demeure entretenue, enracinée dans les institutions, l’armée et dans la police.

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Le Parti communiste (KKE) reste interdit , diabolisé . La peur , la suspicion sont entretenus dans un pays où il faut un « certificat de loyauté » pour pouvoir obtenir un emploi de facteur ou de chauffeur de taxi.

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Depuis la défaite de la Résistance, le renversement des alliances avec les collaborateurs imposé par les dirigeants britanniques et américains, la peur est l’outil de toutes les manipulations.

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Au fil des années , l’opposition au régime de la droite se structure autour de deux pôles de rassemblement de petits partis .L’Union du Centre dirigée par Georges Papandréou, en regroupe sept, et l’EDA, l’Union de la Gauche Démocratique (EDA) , formée à la veille des élections de 1958, entre cinq formations de gauche.

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La société se transforme, rejette le régime au front de minotaure de la Droite.

En 1958, elle se maintient de justesse au pouvoir avec 47% des voix, et une majorité de députés, contre 48% à l’Union Démocratique.

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Trucage et premier échec. En mars 1958, la gauche arrive en seconde position avec 24 % derrière l’ERE, 41% , et devant le parti libéral 21%.

Affolement à Droite.

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La riposte a été programmée depuis plusieurs années dans le « plan Périclès » dont le président de l’Union du Centre ,Georges Papandréou trouvera en 1963 le texte dans les tiroirs de son prédécesseur, Constantin Caramanlis.

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Un plan dénoncé deux ans plus tôt à l’Assemblée par les députés de l’EDA. Un manuel de truquage et de délire anticommuniste.

« Les partis dit du « « Centre » , est-il écrit dans ce document, par suite de l’absence de précisions de la position qu’ils ont prise et prennent dans ce conflit entre le camp nationaliste et le camp communiste, souvent entraînés , dans un appui même indirect du communisme, dans leur rage et leur manie d’opposition au gouvernement n’ont aucune prise dans le peuple.

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Toute rupture du camp nationaliste est ainsi conjurée, l’ERE , le gouvernement demeurent contre les communistes , les seuls facteurs authentiques, conséquents , dynamiques, de camp dans al conscience du peuple grec…Cette qualité constituera la base idéologique sur laquelle reposera toute l’organisation de la lutte électorale, avec pour slogans fondamentaux : « tous les Grecs nationalistes aux côtés du gouvernement », « ou bien je suis avec le gouvernement ou bien contre le gouvernement et par conséquent contre la Grèce ».Ceci , si c’est possible , ne dit pas se dire officiellement, mais par la propagande dire brune ou noire ».

Le plan Périclès va jusqu’à préciser en détail comment la police, l’armée, les bataillons de sécurité, les groupes de « citoyens bien pensants » doivent s’y prendre pour faire pression sur les électeurs , et frauder .

L’ERE l’emporte en 1961.

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Le déni prend une telle proportion en Grèce et à l’étranger que de nouvelles élections doivent avoir lieu.

La veille du scrutin de 1963, l’assassinat du docteur Lambrakis, député de l’EDA , dirigeant d’une association pour la Paix et le désarmement, ébranle l’édifice de la propagande brune.

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Grégoire Lambrakis brave l’interdiction de participer aux Marches de pâques pour la Paix , organisées dans le monde à l’occasion de Pâques.La manifestation est interdite .Il décide de parcourir, seul, le trajet de Marathon à Athènes.

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Ses assassins et leurs commanditaires seront reconnus .Parmi eux le général Mitsou, chef de la gendarmerie pour la Grèce du Nord et le capitaine Lambrou, qui y dirige la police politique .Costa Gavras en tirera le film « Z ».

L’Union du Centre remporte 42% des voix aux élections de 1963 et l’ EDA 14%. La Droite , ses bras armés , et leurs parrains s’affolent . Georges Papandréou, nouveau premier ministre, refuse l’alliance avec l’Union de la Gauche Démocratique, au nom de « la lutte sur les deux fronts ». Deux ans plus tard, il est démis du poste de premier ministre par Constantin II . La crise politique, de gouvernement en gouvernement incapables de maîtriser le mécontentement inquiète le Roi qui prépare un coup d’Etat avec ses généraux.

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Le camp nationaliste, des colonels et de leurs amis de la CIA n’ont pas une grande confiance dans ce jeune homme de la jet set et préparent un autre plan de conquête du pouvoir.

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La menace d’un succès plus large encore du Centre et de la Gauche aux élections prévues en mai 1967 est inacceptable . De leurs tiroirs, leurs amis,les stratèges de l’OTAN tirent un plan- un de plus – prévu pour le cas où le peuple grec déciderait de s’affranchir de la tutelle de Washington et se retirerait de l’OTAN (ce qu’a proposé Andréas Papandréou et son Parti socialiste (PASOK) , avant de rentrer dans le rang paternel).

Le nom de code, usurpé est celui d’un symbole de la rebellion à la tyrannie de l’antiquité : Prométhée , celui qui vole le feu contre l’interdiction de Zeux.